Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Tous  les historiens s'accordent à dire que la carrière d'Edouard Herriot se confond avec l'histoire de la III° République. Il me semblait donc important de réserver une place au système politique qui prévalue en France pendant près de 3/4  de siècle. J'ai découvert sur un site anglais, un dossier très complet et très long sur cette période (un dossier parfois un peu confus) et j'entreprends aujourd'hui de vous le proposé par épisodes en tentant de mettre en forme des chapitres que vous retrouverez régulièrement dans la rubrique III° République.

Préambule
Fondée en réaction contre le second Empire, la troisième République, à bien des égards, continue l'Empire de Napoléon III. Comme ce dernier, elle est portée par la vague du progrès scientifique et technique, par l'avènement d'une civilisation industrielle dont les expositions universelles de Paris (1878, 1895, 1900) illustrent la croissance. Jusqu'en 1914, la stabilité du franc favorise l'épargne. L'État et la société empruntent aisément; la France prête au monde entier. Certes, l'esprit du rentier prédominait sur l'esprit d'entreprise. Le développement industriel aurait pu prendre plus d'ampleur. Pourtant, compte tenu de conditions naturelles peu favorables, la croissance fut honorable: entre 1869 et 1913, la production passe de 13 à 41 millions de tonnes pour la houille et de 1 à 5 millions pour l'acier. Des Français comptent parmi les pionniers de l'automobile, de l'avion, de la radio. Et la France pouvait alors se nourrir des produits de son sol. Dirigée par une bourgeoisie sans cesse plus nombreuse, appuyée sur la paysannerie, la République avait adopté le parlementarisme libéral et le suffrage universel, garantissant les droits de l'individu. La diffusion de l'instruction était un facteur de promotion sociale et cimentait l'unité nationale.

Mutilée dans son territoire en raison de sa défaite de 1871, la France assuma sous la troisième République un effort militaire sans précédent; son armée était presque l'égale de celle de l'Allemagne pourtant plus peuplée et économiquement plus puissante. Après 1890, l'alliance russe parut assurer la paix en établissant l'équilibre des forces. Á partir des bases constituées par les régimes précédents, un empire colonial s'édifiait en Afrique et en Asie. On mesure après sa disparition quelle influence il a assuré à la langue et à la civilisation françaises.

Néanmoins, dès 1871, des symptômes de faiblesse étaient perceptibles, auxquels l'opinion prêta trop peu d'attention. La faiblesse démographique d'abord. La France, au cours de son histoire, s'était imposée par le prestige de sa civilisation, par sa cohésion, mais aussi par le chiffre de sa population. Au XIXe siècle s'amorça une baisse croissante de la natalité qui contrastait avec l'élan démographique des autres nations de l'Europe. Sa paysannerie occupait trop d'hommes pour les quantités produites. Aussi leur niveau de vie devait-il stagner, puis diminuer. L'enseignement technique et professionnel était loin de faire face aux besoins. Alors que le développement de la grande industrie changeait la condition ouvrière, le retard de la législation sociale devenait anormal. La France, au début du XXe siècle, maintenait trop d'aspects archaïques.


La Première Guerre mondiale démontra la force de cohésion qui unissait les Français. Cette force leur permit de sauver leur existence nationale et de reprendre l'Alsace et la Lorraine annexées lors du conflit précédent. Malgré des sacrifices démesurés, la France n'avait vaincu qu'avec l'aide de ses alliés. Seule, elle ne pouvait plus espérer contenir l'Allemagne. Il lui fallut conserver à tout prix dans la paix l'alliance pourtant insuffisante de la Grande-Bretagne. Ayant perdu au cours de la guerre à peu près deux millions d'habitants, la France ne comptait en 1921 que trente-neuf millions d'âmes, soit un million de plus qu'en 1866. En 1938, sa population atteindra quarante-deux millions, faible gain dû beaucoup plus à l'immigration massive qu'au recul de la mortalité. La richesse acquise des Français avait disparu au cours de la guerre. L'inflation amenuisait la valeur du franc, mais permit une reconstruction rapide des régions dévastées, la modernisation de l'industrie (automobile, houille blanche, chimie, alliages légers). En 1929, la production d'acier approchait les dix millions de tonnes, celle de charbon les cinquante-cinq millions. Pourtant l'activité du bâtiment, le progrès agricole demeuraient trop modestes. Et tout essor fut stoppé lorsque la crise économique mondiale gagna la France à l'automne de 1930. Sauf dans l'agriculture, le marasme fut moins total qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne, du fait même de la moindre industrialisation du pays. Mais la faiblesse des structures économiques allait prolonger la crise jusqu'à la guerre: en 1938, dans de nombreux secteurs économiques, la production n'était pas très supérieure à celle de 1913.

Dès 1933, année de l'arrivée au pouvoir de Hitler, les Français, toujours attachés dans leur immense majorité au régime républicain, sont néanmoins gagnés par l'inquiétude; ils ont perdu la prospérité et craignent la guerre. Et la troisième République, dans sa forme traditionnelle, leur semble impuissante à détourner ces périls. Des réformes radicales sont envisagées, alors que s'étend l'influence des fascismes et du communisme. Déjà s'élaborent les idéologies dont s'inspireront soit le régime de Vichy, soit la Résistance. L'échec des gouvernements successifs depuis 1934 laissera le régime dériver vers la guerre sans armée moderne ni alliance efficace. La troisième République s'engage dans la «drôle de guerre», pressentant confusément le nouveau Sedan où elle trouvera sa fin. Mais son écroulement ne doit pas masquer l'ampleur de l'œuvre accomplie.      (A SUIVRE)


 






En cliquant sur Marianne vous aboutirez sur la version démo d'un site payant  sur l'histoire  complète de la 3° république

Partager cette page

Repost 0
Published by

Etienne DOLET

 

Référencement