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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 21:43


Pour terminer la série d'articles sur le village natal de Herriot, voici un article de Marcel DEGOIS écrit en 1977 à l'occasion du 20 ° anniversaire de la mort d'Herriot

"Il y a vingt ans, mourait Edouard Herriot. Pour honorer sa mémoire, un timbre à son nom sera émis les 8 et 9 octobre à Lyon et à Troyes. Aux philatélistes rappelons qu’un bureau de poste temporaire sera ouvert à l’hôtel de ville, ces deux jours, de 9 heures à midi, et de 14 à 19 heures. On sait, en effet, que le futur maire de Lyon est né à Troyes, place Jean-Jaurés aujourd'hui, et qu’il passa son enfance à Saint-Pouange, ou son grand-oncle, l’abbé Colon, lui apprit les déclinaisons latines. Il se trouve qu'enfant, puis adolescent, je l’ai entrevu plusieurs fois. Oh ! pour une raison très simple : Mes grands-parents et arrière-grands-parents maternels étaient cultivateurs à Saint-Pouange, alors tout petit village perdu dans les brumes de la Hurande. Ils avaient connu le Président bien avant qu’il fût devenu une célébrité. Plus tard, sur la route de Lyon, il lui arrivait souvent de faire un crochet par Saint-Pouange pour rencontrer ses amis. Je le revois sous les arbres du presbytère qu'il acheta peu avant la guerre. Il fumait sa pipe, majestueux, pachydermique : on eût dit sa propre caricature. Derrière lui, debout, étaient rangés respectueusement les vieux du pays : Anatole Gautherin, qui entretenait son jardin, Marcel Bernet, l 'apiculteur, Arthur Jeune, quelques femmes, dont ma grand-mère. On feignait de croire qu’ils avaient été ses compagnons de jeux, si bien que tout le monde se tutoyait (Sauf moi, évidemment, qui était gamin et observait la scène à l’écart ): -Les fruits, ça ira-t-y ? demandait Herriot qui était docteur ès-lettres, mais à Saint-Pouange voulait l’oublier. -Tout a gelé au printemps. Edouard, répondait quelqu'un...Telle se déroulait la conversation... La dernière fois que je vis Herriot, c’était en 1952. La ville de Troyes lui avait réservé une réception pour son quatre-vingtième anniversaire. J’étais déjà journaliste, et quelqu'un, que nos lecteurs connaissent bien m’accompagnait, ma consoeur Denise Floiras. Une photo illustre ce "sommet "... qui n’eut rien d’ historique. Herriot était une force de la nature. Son appétit et sa puissance le plaçaient à tous égards hors du commun, il racontait comment un vagabond, sur la place du village, sous le poirier qui existe encore, lui avait donné sa première leçon de diplomatie : "Va me chercher du sel "dit le gueux. Quand l’enfant revint avec une pincée de sel " Va me chercher un morceau de pain". Et enfin " Va me chercher un oeuf du fromage et une pomme ". Il n’est pas certain que l’homme d'état sut toujours profiter de la leçon du chemineau. Ce maître du verbe était au fond resté très proche du peuple. Il appartenait par toutes ses fibres à une République qui croyait à l’école, au travail et au drapeau. Il a écrit des pages admirables. L’une des plus belles, qu’on trouve dans ses Mémoires intitulées "Jadis" concerne justement Saint-Pouange, son pays natal, (il le considérait ainsi) auquel il demeura fidèle jusqu'au bout ."

Marcel DEGOIS (Libération Champagne du 30 septembre 1977)

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Published by Ami d'Edouard - dans Mémoires
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citoyen 09/10/2008 21:51

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Etienne DOLET

 

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