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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 17:46

 (Je vous propose ici un discours de Herriot non daté, mais à l'évidence post- référendum sur l'ordonnance du 17 aout 1945, discours qui avait été reproduit sous forme de tracts. Il y a quelques vérités qui paraissent encore contemporaines... Le document nous a été confié par Marianne Ory à l'occasion du Cinquantenaire de la Mort du Président)

Nous avions raison.

Quatre mois à peine après les élections générales, nous pouvons mesurer et apprécier leurs résultats. Au milieu de ce vertige qui entraînait le peuple français vers une prétendue nouveauté destinée à guérir tous nos maux, nous avons défendu la raison et le bon sens. On dénonçait « les vieux partis, les séquelles des régimes périmés ». On faisait un devoir aux Françaises et aux Français de voter OUI, OUI. Nous avons été écrasés; certains de nos amis n'ont même pas osé nous suivre. Les radicaux demeurés fidèles à la doctrine ont le droit aujourd'hui de se féliciter. Comme jadis, lorsque nous réclamions l'entente efficace avec la
Russie Soviétique dont la mise en œuvre aurait peut-être évité la guerre ; comme plus tard, lorsque nous nous sommes sacrifiés pour le paiement de la dette aux Etats-Unis que nous devons solliciter aujourd'hui, nous avons eu raison. Nous avons voulu servir le pays et non le flatter. L'événement ne confirme que trop la sagesse de notre attitude. Le citoyen le plus prévenu contre nous ne peut que s'en rendre compte.

Par le régime de l'Assemblée unique et du système prévu lors du référendum, on prétendait assurer la stabilité gouvernementale. Il y aurait de la cruauté à insister sur la faillite de ce programme. Le Général de Gaulle, que nous n'avons pas adulé hier, que nous ne voulons pas accabler aujourd'hui, est parti de lui-même, en affirmant, du reste, que le pays était sorti des difficultés essentielles. Un autre chef de Gouvernement est venu qui, avec courage d
'ailleurs, a déchiré le voile et nous a fait apercevoir, au moins en partie, notre situation réelle.

On discutait sur le point de savoir si l'Assemblée serait ou non souveraine. En fait, elle a abdiqué toute souveraineté. Elle a renoncé à la discussion budgétaire qui était son obligation essentielle. Elle a délégué à quelques personnes le soin de réduire les dépenses, non par la loi, mais par décret. Et les Partis, les Trois Grands, après s'être emparés de toutes les places, n'ont eu, n'ont encore d'autre préoccupation que celle de perpétuer leur prédominance et leurs privilèges. On ne nous a connus, nous radicaux, que le jour où il s'agissait de se décharger sur l'un des nôtres de la tâche la plus périlleuse, de celle que la majorité doit assumer sur son compte puisqu'elle a réclamé et obtenu le pouvoir.

Nous, nous n'avons fait aucune démagogie. Malgré les critiques, malgré les insultes dont nous accablent ceux qui, jadis, se réclamaient de la III° République et ne dédaignaient pas d'en recevoir des honneurs, nous avons voté pour les deux gouvernements de la IV°, les attendant à l'œuvre, nous acceptons les mesures qui nous paraissent utiles; nous refusons les autres. Rien, que l'on sache, rien, ni les sommations, ni les menaces, ne nous fera dévier de cette ligne.

Le Bilan de ces quatre mois, chacun peut le juger. On sait maintenant l'état de nos finances, l'ampleur du déficit budgétaire, l'accroissement continu de la circulation monétaire, les angoisses du Trésor, les menaces qui pèsent sur notre monnaie. Pour le ravitaillement, il est évident qu'il se heurte à de graves insuffisances. Ce qui est plus condamnable, c'est d'avoir, en pleine crise, pour des raisons électorales, pour duper le peuple, supprimé la carte de pain et, du même coup, anéanti toute l'organisation du marché du blé, ce qui nous livre aujourd'hui à l'anarchie, au hasard.


Que dire de nos libertés? On voit ce qu'est advenue la liberté de la presse, la liberté de discussion n'existe plus. Récemment, dans un Congrès auquel assistaient cinq ministres, j'ai voulu prendre la parole pour défendre une œuvre qui mérite la reconnaissance de tous les Français. On m'a refusé la parole. C'est que l'on veut non pas des NATIONALISATIONS, mais des ETATISATIONS avec un apport nouveau de fonctionnaires, largement appointés. La féodalité des bureaux nous opprime. En vérité, ce que nous connaissons maintenant, c'est le régime totalitaire. Confusion des pouvoirs du Chef de l'Etat avec ceux du Chef du Gouvernement; un programme à la fois national et socialiste; la notion du parti dominant celle de la souveraineté populaire : j'ai connu cela en Allemagne. Je n'en veux pas en France. Courage donc, radicaux et radicaux-socialistes. A l'œuvre pour libérer la République! A l'œuvre pour reconquérir nos anciennes libertés! Vous verrez revenir à vous les démocrates sincères, ceux qui n'ont été que trompés. Ne vous laissez pas intimider par les insultes.

                                                                     
                                                                                               Edouard Herriot
                                                                                               
(Extrait de la Dépêche Radicale)

NOUS AVONS EU DEJA RAISON
NOUS AURONS ENCORE RAISON


OUVRIERS - EMPLOYES - FONCTIONNAIRES - ARTISANS - COMMERCANTS - INDISTRIELS et vous tous CITOYENS qui voulez demeurer libres,

RAPPELEZ-VOUS...  CONSTATEZ.... REFLECHISSEZ...

                                                                    DEFENDEZ VOS DROITS
                                   en adhérant au PARTI RADICAL, LE PARTI DE LA LIBERTE.
                                               LE PARTI DE LA FRANCE et de la REPUBLIQUE

Les adhésions seront reçues : chez M. René PERRIN, vice président du Comité R.S.S. de Bagnolet, membre du Comité Exécutif, syndic du Conseil municipal de Bagnolet,10, rue des Pernelles, à Bagnolet

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Published by Ami d'Edouard - dans Mémoires
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